Couverts Végétaux : une autre manière de cultiver les vignes


 

Depuis les inondations de 1999 où nous avons perdu énormément de sol dans les parcelles en pente, nous avons cherché des solutions pour maintenir les sols contre l'érosion.


Nous avons commencé à semer à l'automne orges ou avoines, puis à les faucher au printemps pour éviter de concurrencer la vigne lors de sa croissance. La paille était bénéfique comme apport de matière organique mais en cas de pluie, la céréale repartait, continuant à puiser dans le sol.


Il n'est pas question ici d'affecter les rendements qui sont déjà très bas en années sèches.


Nous n'avons pas abandonné l'idée qui nous séduit et en rejoignant un groupe de réflexion sur l'agroforesterie, nous avons découvert l'intérêt de mêler les graines dans le semi pour créer une biodiversité au niveau racinaire et enrichir la vie biologique du sol par les exsudats racinaires et le paillage de biomasse que nous écrasons ensuite pour couper toute concurrence dès le mois d'avril.


Durant l'hiver, les racines ont nettement restructuré le sol mieux qu'un labour puisque fait en silence et sans carburant ni tassement. En profondeur, ce sont les vers de terre qui reviennent en masse et qui créent les galeries profondes empruntées par les racines des vignes qui vont explorer les profondeurs du terroir à la recherche de l'eau nécessaire pour faire mûrir les raisins, grâce à des portes greffes adaptés aux zones sèches comme le 140 Ruggieri.


Quelques photos témoignent ici de l'aspect paysager agrémentant notre terroir jusqu'au mois de mars, mais c'est notre moindre souci car bien des avantages viennent récompenser ce travail.


Toute cette surface semée n'est plus désherbée chimiquement. Le travail du sol se réduit à un rang sur deux, en alternance tous les deux ans. Moins d'utilisation de tracteur, moins de terre remuée et donc exposée aux ravinements. Une meilleure portance pour passer dans les vignes, un ombrage estival pour la terre qui est beaucoup moins exposée aux rayons desséchants du soleil et qui évapore moins. Captage de l'eau de pluies estivales combiné entre la prise racinaire de chaque plante même sèche et le rang d'à côté où le sol est ameubli par des outils aratoires sur le principe de : "un binage vaut deux arrosages".


Nous pensons clairement que ce retour végétal à la terre va, à long terme, enrichir nos sols en les rendant plus "vivants" pour qu'ils nourrissent mieux nos vignes.

Ce n'est pas une démarche bio-marketing, même si nous en parlons aujourd'hui, c'est pour nous une voie d'avenir vers un développement durable.


Notre engagement en HVE (Haute Valeur Environnementale) va se concrétiser pour la prochaine récolte 2019.

 

 

 

 

 

 

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